Framboisier remontant ou non remontant : lequel choisir pour votre jardin ?
Le non remontant concentre sa récolte en début d'été ; le remontant prolonge la cueillette jusqu'à l'automne. Le bon choix dépend surtout du temps disponible, de la place et de la façon dont vous souhaitez tailler.
Le choix est simple si l’on part du calendrier désiré. Un framboisier non remontant donne l’essentiel de ses fruits de la mi-juin à la fin juillet, selon la Société nationale d’horticulture de France. Un remontant commence plutôt à produire de la mi-août jusqu’à l’automne, avec la possibilité d’une récolte estivale sur certaines cannes conservées. Dans un petit jardin, le meilleur type est donc celui dont vous pourrez suivre les fruits et tailler les tiges sans hésitation.
Il ne s’agit pas de choisir entre un framboisier « facile » et un autre qui le serait moins. Les deux réclament une installation nette, des cannes lisibles et des passages réguliers au moment de la maturité. Ils ne répartissent simplement pas le travail au même moment. Avant de planter, observez aussi votre sol, l’accès à l’eau et la place que vous pourrez consacrer au palissage.
Deux fructifications, deux façons d’organiser la saison
Le framboisier non remontant produit sur des cannes qui ont déjà vécu une saison. Elles portent leur récolte estivale, puis sèchent et doivent être supprimées au ras du sol. À côté d’elles, les nouvelles pousses vigoureuses sont conservées : ce sont elles qui formeront la récolte de l’année suivante.
Cette succession est très lisible dès lors que les cannes sont attachées et que le rang n’est pas laissé à l’abandon. Après la cueillette, les tiges jaunies ou desséchées sont retirées au ras du sol, en gardant les plus vigoureuses, comme le recommande la fiche de la SNHF. Le jardinier dégage ainsi la lumière et l’espace nécessaires aux pousses nouvelles.
Le remontant porte, lui, ses fruits d’automne sur les pousses de l’année. Si ces cannes sont conservées après l’hiver, leur partie basse peut produire de nouveau l’été suivant. Cette conduite permet d’obtenir deux périodes de fruits, mais elle exige de distinguer soigneusement les portions déjà productives des pousses à venir.
Pour choisir, posez-vous trois questions concrètes :
- Voulez-vous une abondance de fruits sur une fenêtre assez courte, pratique pour préparer des desserts ou remplir le congélateur ?
- Préférez-vous cueillir plus longtemps, même si les quantités sont réparties entre l’été et l’automne ?
- Pouvez-vous passer souvent dans le rang pour récolter les fruits mûrs et enlever ceux qui se détériorent ?
Les framboises sont fragiles. Une récolte concentrée peut convenir à une famille présente au jardin en début d’été. Une récolte prolongée convient mieux à qui apprécie quelques poignées de fruits à intervalles réguliers. Pour comparer ces habitudes avec les autres espèces du jardin, notre dossier sur le calendrier des petits fruits de montagne aide à répartir les récoltes.
Le comparatif utile avant la plantation
Les termes « remontant » et « non remontant » décrivent d’abord un rythme de fructification. Ils ne dispensent ni de choisir un emplacement adapté ni de préparer correctement le rang. La SNHF indique une plantation à l’automne, avec 0,50 m entre les plants sur le rang et 1,50 m entre les rangs.
| Critère | Framboisier non remontant | Framboisier remontant |
|---|---|---|
| Récolte indiquée par la SNHF | Mi-juin à fin juillet | Mi-août à octobre ou novembre |
| Répartition des fruits | Concentrée en début d’été | Étendue vers l’automne, avec une conduite possible à deux récoltes |
| Taille de référence | Après récolte, retirer les cannes jaunies ou desséchées | Après la récolte d’automne, retirer la partie supérieure ayant fructifié |
| Intérêt principal | Une récolte groupée et une lecture simple du renouvellement des cannes | Des cueillettes étalées lorsque le jardin reste suivi jusqu’à l’automne |
| Point de vigilance | Ne pas supprimer les jeunes cannes vigoureuses destinées à l’année suivante | Repérer précisément la portion de tige ayant déjà porté des fruits |
Ce tableau donne des repères de conduite, pas une garantie de récolte. Le froid, la pluie, l’exposition et l’état du sol modifient la végétation d’une année à l’autre. En moyenne montagne, l’exposition d’une parcelle, un replat froid ou un mur qui conserve la chaleur peuvent compter autant que l’altitude elle-même.
Une plantation mêlant les deux catégories est tout à fait envisageable. Il vaut mieux cependant attribuer à chacune une ligne ou au moins un secteur distinct. Le geste de taille devient alors évident : un rang récolté en été ne se traite pas comme un rang encore chargé de fruits à l’automne. Cette séparation facilite aussi la surveillance des fruits mûrs, particulièrement utile quand des épisodes humides favorisent les problèmes de pourriture.
Des variétés nommées pour se repérer
Les noms de variétés permettent de commencer une sélection, mais ils ne remplacent pas l’observation locale. Une même variété peut réagir différemment selon le sol, l’ensoleillement, l’humidité et la durée de saison. Il est prudent de planter peu, de noter les dates de maturité pendant plusieurs années, puis d’agrandir seulement les rangs qui répondent à votre usage.
Les Chambres d’agriculture citent parmi les variétés non remontantes Meeker, Tulameen et Glen Ample. Du côté des remontantes, elles mentionnent Vajolet, Lagoraï, Versailles, Enrosadira, Amira, Paris et Kwanza.
Vous pouvez retenir cette première répartition :
- Pour une récolte estivale concentrée : Meeker, Tulameen et Glen Ample sont citées parmi les non remontantes.
- Pour prolonger les cueillettes : Vajolet, Lagoraï, Versailles, Enrosadira, Amira, Paris et Kwanza sont citées parmi les remontantes.
- Pour un premier essai : choisissez peu de références, mais étiquetez-les dès la plantation afin de ne pas confondre les cannes au fil des saisons.
- Pour diversifier le jardin : associez le calendrier des framboises à celui des cassis et groseilles, dont les tailles et les formes de buissons diffèrent.
Le framboisier apprécie, selon la SNHF, des sols plutôt acides, avec un repère de pH 6,5 sur sa fiche. Cette indication le distingue du myrtillier, beaucoup plus exigeant sur l’acidité du sol. Ne transposez pas automatiquement une préparation pensée pour les myrtilliers au rang de framboisiers : les deux cultures n’ont pas le même rapport au sol.
La SNHF situe la récolte des non remontants de la mi-juin à la fin juillet, celle des remontants de la mi-août à octobre ou novembre. Avant d'acheter, repérez les semaines où vous serez présent au jardin : c'est la fenêtre de cueillette qui doit décider, plus que la promesse de deux récoltes.
Réservez une ligne distincte à chaque type et étiquetez la variété dès la mise en terre. Quelques saisons plus tard, c'est ce petit geste qui évite de confondre les cannes à supprimer et celles à conserver.
Sol, rang et palissage : les bases communes
Un framboisier bien installé ne doit pas devenir une haie impénétrable. Le jardinier doit pouvoir circuler, voir les fruits, retirer une canne sèche et attacher une pousse sans piétiner le pied. La distance indiquée par la SNHF, 0,50 m sur le rang et 1,50 m entre rangs, offre un cadre simple pour une plantation domestique.
La préparation du terrain peut se faire à l’automne, qui est aussi la période de plantation indiquée dans la fiche de la SNHF. Choisissez une zone où l’eau ne stagne pas durablement et où le rang ne sera pas constamment ombragé. Les cannes ont besoin d’air. Un palissage sobre, avec des fils ou des liens adaptés, évite que les tiges chargées de fruits ne s’affaissent au sol.
Voici une méthode de mise en place qui évite les confusions ultérieures :
- Tracez chaque rang avant de planter et gardez une allée accessible de part et d’autre.
- Plantez un seul type, remontant ou non remontant, par ligne lorsque l’espace le permet.
- Inscrivez le nom de la variété sur une étiquette durable, placée près du départ du rang.
- Prévoyez dès le début un système de soutien des cannes, même modeste.
- Gardez le pied dégagé pour voir quelles pousses naissent au printemps et lesquelles ont porté des fruits.
Le palissage n’est pas seulement une question d’ordre. Il rend la récolte plus rapide, limite les fruits au contact du sol et facilite l’aération. Cette dernière est utile lorsque le temps devient humide. Le bulletin de santé du végétal consacré aux petits fruits rappelle que la pourriture grise est favorisée par les épisodes humides, notamment lorsque les fruits sont en surmaturité ou se touchent.
Pour approfondir l’organisation d’un jardin de petits fruits, ce guide de plantation de framboisiers et de petits fruits propose une lecture complémentaire. Gardez toutefois votre propre carnet de culture : les dates de débourrement, de floraison et de première récolte seront toujours plus parlantes dans votre jardin que des repères généraux.
Tailler sans mélanger les cannes
La taille est l’endroit où le choix entre remontant et non remontant devient vraiment concret. Prenez le temps d’observer avant de couper. Une canne sèche, jaunie ou clairement épuisée ne pose guère de doute. Une canne vivante, bien droite, portant des bourgeons, mérite en revanche d’être identifiée avant toute intervention.
Chez le non remontant, le principe est direct : juste après la récolte, supprimez au ras du sol toutes les cannes jaunies ou desséchées, en conservant les plus vigoureuses. Le travail effectué tôt dans la saison libère le rang pour les nouvelles pousses et évite d’accumuler du bois inutile.
Chez le remontant conduit avec une récolte d’été et une récolte d’automne, la SNHF recommande, après la récolte d’automne, de couper la partie supérieure des pousses qui ont fructifié. La partie basse est alors conservée pour la récolte suivante. C’est une taille plus attentive, car chaque canne raconte une saison différente.
Un sécateur propre, des coupes franches et l’évacuation des tiges retirées suffisent à garder une plantation lisible. Ne cherchez pas à tout uniformiser : les pousses ne sont jamais exactement de même vigueur. L’objectif est de garder les cannes les plus solides, bien réparties, et d’éliminer ce qui encombre ou dépérit.
Pour un pas-à-pas plus détaillé, consultez notre guide de taille des framboisiers. Il est utile de prendre une photo du rang avant la taille, puis une autre après : cette comparaison aide à comprendre, l’année suivante, quelles tiges ont réellement renouvelé la plantation.
Climat de montagne : choisir une saison que l’on peut suivre
Dans les jardins de moyenne montagne, le calendrier ne se résume pas à une date imprimée sur une étiquette. L’altitude, l’exposition, la présence d’un fond de vallée froid et l’année météorologique peuvent décaler les maturités de plusieurs jours. Le bon choix est souvent celui qui laisse une marge d’observation plutôt que celui qui promet une période de récolte théorique.
Un non remontant peut être très cohérent si vous souhaitez concentrer la surveillance et les cueillettes au début de l’été. La récolte arrive sur une fenêtre précise, ce qui facilite l’organisation des tartes, des coulis et de la conservation des petits fruits. Il faut alors être présent lorsque les fruits mûrissent.
Un remontant peut mieux répartir le plaisir de récolter, mais il prolonge aussi la surveillance des fruits et des cannes. À l’automne, les journées humides et les baisses de température demandent une attention accrue : on cueille les fruits mûrs sans attendre, on retire les fruits abîmés et on veille à ce que le feuillage reste aéré.
Le risque sanitaire lié à Drosophila suzukii invite également à ne pas laisser les fruits surmûrs sur les cannes. Les recommandations de prophylaxie disponibles pour les petits fruits insistent sur l’évacuation des fruits tombés, infestés ou trop mûrs et sur l’aération des plantations. Ces gestes concernent aussi bien les rangs remontants que non remontants.
Si votre jardin est exposé aux gelées tardives, observez les pousses et les fleurs plutôt que de retenir une règle fixe. Les stades de développement comptent beaucoup. Pour les projets plus larges, il peut être utile de confronter votre plan de plantation à un calendrier de culture global, comme celui proposé dans cet article sur les fruits et légumes à planter au jardin.
Quel profil de jardinier pour quel framboisier ?
Le non remontant est un choix net pour qui souhaite une période de récolte groupée et une taille qui suit immédiatement cette récolte. Il convient bien au jardinier qui veut transformer beaucoup de fruits en peu de temps ou qui préfère concentrer l’entretien sur le début de l’été.
Le remontant convient à celui ou celle qui aime retourner souvent au jardin, suivre les maturités et prolonger les cueillettes. Il ne faut pas l’adopter uniquement pour l’idée de « deux récoltes » : la conduite demande de savoir quelle portion de canne garder, et la période productive se poursuit tard dans la saison.
Avant de décider, faites un essai modeste. Deux courtes lignes séparées, correctement étiquetées et palissées, vous apprendront davantage qu’une longue plantation uniforme. Au bout de quelques saisons, vous saurez si votre jardin, votre climat et votre disponibilité appellent l’abondance brève du non remontant ou les cueillettes étalées du remontant.
Questions fréquentes
Un framboisier remontant produit-il réellement deux fois par an ?
Il peut produire en été sur les cannes de l'année précédente puis en automne sur les pousses de l'année. La conduite choisie détermine l'organisation de ces récoltes.
Quel type convient à un jardinier peu disponible en été ?
Un remontant peut étaler les cueillettes, mais demande de passer régulièrement jusqu'en automne. Un non remontant concentre le travail sur une période plus courte.
Peut-on planter remontants et non remontants sur le même rang ?
C'est possible, mais il est plus simple de les séparer : les cannes à conserver et celles à supprimer ne se repèrent pas de la même manière.
Quelle distance laisser entre deux framboisiers ?
La fiche de la Société nationale d'horticulture de France indique 0,50 m sur le rang et 1,50 m entre les rangs.
Faut-il tailler les framboisiers dès leur première année ?
La taille dépend de la vigueur des cannes et du type de framboisier. L'objectif reste de garder des tiges saines, accessibles et suffisamment aérées.