Job d'été dans la cueillette de fruits : contrat, rémunération et droits en 2026
Un saisonnier de cueillette est un salarié comme un autre : contrat, salaire au moins égal au SMIC, durée du travail encadrée, règles spécifiques pour les mineurs. Cet article reprend les règles en vigueur en 2026 et signale ce qu'il faut vérifier auprès de l'employeur.
Un job d’été dans la cueillette de fruits relève du droit du travail agricole. Le saisonnier est un salarié : il a droit à un contrat, à un salaire au moins égal au SMIC (12,31 € brut de l’heure depuis le 1er juin 2026), à une durée du travail encadrée et, s’il est mineur, à des protections supplémentaires. Les règles ci-dessous suivent la notice 2026 de l’inspection du travail agricole.
Pourquoi les vergers recrutent des saisonniers
La cueillette des petits fruits est un travail manuel, étalé sur quelques semaines, qui dépend de la météo et de la maturité. Dans l’exemple daté d’un verger de montagne, 12 à 15 tonnes de fruits sont récoltées en deux mois et demi, à raison de 5 kg par heure en moyenne, soit environ 3 000 heures de travail : sans renfort d’été, personne ne tient. Les fiches économiques sur la myrtille cultivée vont dans le même sens, avec une cueillette manuelle de 4 à 6 kg par heure et une main-d’œuvre qui représente environ 80 % des coûts de production, d’après la presse agricole. L’article sur le rendement à l’hectare de la myrtille replace ces chiffres dans l’économie du verger.
Ce besoin ponctuel explique deux traits du métier : des contrats courts, et une souplesse que l’employeur et le salarié doivent encadrer. La durée, les horaires et les conditions d’une mission se lisent dans le contrat et non dans une annonce : ils varient d’un employeur à l’autre. Avant de signer, relisez la durée, la rémunération et les conditions de travail inscrites au contrat, et gardez-en un exemplaire : ce document fait foi en cas de désaccord à la fin de la mission.
Le contrat : écrit, avec des mentions précises
Le contrat à durée déterminée saisonnier doit être écrit, faute de quoi il est réputé à durée indéterminée. Il mentionne le motif, le terme ou la durée minimale, le poste, la convention collective, la période d’essai, la rémunération et la caisse de retraite complémentaire.
Pour un contrat agricole n’excédant pas trois mois, l’employeur peut utiliser le TESA (titre emploi simplifié agricole). Ce dispositif remplace plusieurs formalités : la déclaration préalable à l’embauche, le contrat, le signalement au service de santé au travail et le bulletin de paie. La déclaration préalable doit intervenir dans les huit jours précédant l’embauche, et au plus tard au moment de l’embauche.
Un point fait souvent confondre : le contrat vendanges. Il est limité aux vendanges et ne s’applique donc pas à la cueillette de petits fruits. Selon la MSA, sa durée maximale est d’un mois, et le cumul de contrats est limité à deux mois sur une année civile. Pour la cueillette de myrtilles comme pour celle des framboises, c’est le CDD saisonnier ordinaire qui s’applique.
| Élément | Ce que prévoit le cadre 2026 | À vérifier avec l’employeur |
|---|---|---|
| Forme du contrat | Écrit, avec motif, durée, poste, convention, rémunération | Que chaque mention figure bien au contrat |
| Titre simplifié | TESA possible pour un CDD agricole n’excédant pas trois mois | Que le contrat ou le TESA soit remis |
| Contrat vendanges | Limité aux vendanges, donc inapplicable aux petits fruits | Que l’employeur n’invoque pas ce régime |
| Reconduction | Droit après au moins deux saisons sur deux années consécutives | La compatibilité d’un emploi disponible |
Rémunération : SMIC, convention et travail à la tâche
Le SMIC horaire brut est de 12,31 € depuis le 1er juin 2026 (arrêté du 22 mai 2026), soit 1 867,02 € bruts mensuels à la même date. La rémunération d’un non-permanent doit être égale à celle des permanents de même catégorie à emploi équivalent, et au minimum le SMIC horaire, ou le minimum conventionnel s’il est supérieur.
La convention collective de référence est la convention nationale de la production agricole et des CUMA, référencée IDCC 7024 et datée du 15 septembre 2020. La notice 2026 de l’inspection du travail agricole retient cette convention comme référence. La notice de l’inspection du travail agricole mentionne aussi un avenant n° 11, relatif aux salaires, daté du 2 juillet 2026 et étendu en septembre 2026. La grille de salaires conventionnels n’a pas été relue ici : le montant exact se demande à l’employeur ou se lit sur le texte lui-même, et aucun taux conventionnel n’est donné dans cet article.
Reste la rémunération à la tâche, que l’on peut rencontrer dans un verger de petits fruits lorsque l’on paie au kilo ou à la caisse. Les pages officielles lues rappellent que le montant du salaire ne peut pas être inférieur au SMIC. Elles ajoutent que l’employeur doit justifier la durée du travail et le respect du salaire minimum, par un horaire collectif affiché ou un enregistrement quotidien des heures. La règle propre au paiement à la tâche n’est pas formulée dans les pages consultées, d’où une consigne simple : demander comment les heures sont comptées avant de signer.
Durée du travail, heures supplémentaires et repos
Les repères de la durée du travail agricole tiennent en quelques lignes :
- durée légale : 35 heures par semaine ;
- maximums : 10 heures par jour, 48 heures par semaine et 44 heures en moyenne sur douze semaines ;
- repos : 11 heures par jour et 35 heures par semaine ;
- pause : 20 minutes après six heures de travail continu.
Les heures supplémentaires sont majorées : de 25 % de la 36e à la 43e heure, de 50 % au-delà. Le travail du dimanche donne lieu à une majoration de 50 %. Ces repères valent quelle que soit la nature du travail, y compris pour des journées qui commencent tôt, comme en cueillette de fruits.
Mineurs : 14 à 17 ans
Les règles diffèrent selon l’âge. Un jeune de 16 ans ou plus peut travailler au maximum 8 heures par jour et 35 heures par semaine, avec deux jours de repos consécutifs pour les moins de 18 ans.
Pour les jeunes de 14 et 15 ans, un emploi n’est possible que pendant les vacances scolaires, pour des vacances d’au moins sept jours et pour des travaux légers seulement. Il fait l’objet d’une déclaration à l’inspection du travail (article R. 715-2 du Code rural). Les limites sont de 7 heures par jour et de 32 heures par semaine à 14 ans, de 7 heures par jour et de 35 heures par semaine à 15 ans, avec une pause de 30 minutes après 4 h 30 de travail et deux jours de repos consécutifs, dont le dimanche. Les autres conditions de l’embauche d’un mineur n’ont pas été vérifiées pour cet article : il faut les demander à l’inspection du travail.
Hébergement, sécurité et santé
Si l’employeur loge les saisonniers, les dispositions des articles R. 716-6 à R. 716-13 du Code rural s’appliquent : déclaration à la préfecture et à l’inspection du travail. Un arrêté du 20 août 2026 interdit l’hébergement sous tente dans quatre départements de l’Ouest (Loire-Atlantique, Mayenne, Sarthe et Vendée) : c’est une règle locale, qui ne vaut pas pour le reste du pays. Les règles locales sont à rechercher auprès de la préfecture du lieu de travail.
Sur le lieu de travail, l’employeur doit assurer une formation à la sécurité, fournir les équipements de protection, mettre à disposition de l’eau fraîche potable gratuite, des WC, des lavabos et un local de restauration. Pour les travailleurs de pays tiers à l’Union européenne, une autorisation de travail est requise. Sur les échanges agricoles européens, un entretien sur les réseaux paysans et les échanges en Europe donne un éclairage de plus.
Reste le côté pratique, que l’exemple d’un verger de montagne résume bien : le travail se faisant en plein air, Le travail se faisant en plein air, prévoyez une protection solaire, de quoi vous couvrir aux heures fraîches du matin et des chaussures fermées. Si vous êtes sujet aux allergies ou suivez un traitement, parlez-en à l’employeur avant de commencer, et demandez ce qui est prévu pour les repas. La cueillette est un travail physique et fatigant, et le verger demeure un lieu de travail avant d’être un lieu de promenade. Gardez une copie de votre contrat et de vos bulletins de paie : ce sont les pièces à présenter en cas de désaccord sur les heures ou sur la rémunération.
Avant de s’engager : cinq vérifications
Un job d’été se prépare comme n’importe quel emploi. Voici les points à contrôler avant de dire oui :
- le contrat ou le TESA est remis, avec le poste, la durée, la rémunération et la convention applicable ;
- la méthode de décompte des heures est expliquée, y compris en cas de paiement à la tâche ;
- le salaire horaire ne descend pas sous le SMIC ;
- l’eau potable, les toilettes et le local de pause sont prévus ;
- les conditions d’hébergement éventuel sont écrites.
Les règles qui encadrent la cueillette libre et la cueillette de fruits sauvages sont distinctes de celles du salariat. Le cadre de la cueillette en forêt est détaillé dans l’article sur les règles de cueillette des myrtilles sauvages. Pour comprendre une cueillette en libre-service du point de vue du client, un mode d’emploi de l’autocueillette à la ferme complète bien ce point de vue. Et pour qui veut passer de saisonnier à producteur, l’étape suivante est décrite dans l’article sur la reprise d’une exploitation de petits fruits. Le panorama d’ensemble reste sur la page cueillette.
Questions fréquentes
Le contrat vendanges s'applique-t-il à la cueillette de myrtilles ou de framboises ?
Non. Le contrat vendanges est réservé aux vendanges. Pour des petits fruits, le cadre est celui du CDD saisonnier agricole, avec ses propres règles de durée et de mentions.
Peut-on être payé en dessous du SMIC parce que la cueillette est rémunérée à la tâche ?
Non. Le SMIC est un plancher : le montant du salaire ne peut pas être inférieur au SMIC. L'employeur doit justifier la durée du travail et le respect du salaire minimum.
Un saisonnier peut-il être repris l'été suivant ?
Après au moins deux saisons dans l'entreprise sur deux années consécutives, un droit à reconduction existe si un emploi saisonnier compatible est à pourvoir, selon la notice de l'inspection du travail agricole.
Les règles d'hébergement sont-elles les mêmes partout ?
Les dispositions sur l'hébergement collectif sont nationales, mais certaines règles sont locales. Un arrêté interdit par exemple l'hébergement sous tente dans quatre départements de l'Ouest, sans valeur ailleurs.
Un employeur doit-il fournir l'eau et des toilettes sur le lieu de cueillette ?
Oui, selon la notice de l'inspection du travail agricole : eau fraîche potable gratuite, WC, lavabos et local de restauration, avec une formation à la sécurité et des équipements de protection.